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  27.06.2017, 16:07

Ces nouveaux métiers du luxe qui font rêver

Le succès mondial des marques horlogères haut de gamme implantées dans le canton de Neuchâtel à fait naître des vocations particulières.

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Le succès mondial des marques horlogères haut de gamme implantées dans le canton de Neuchâtel à fait naître des vocations particulières. Que cela soit dans le marketing, la communication, la formation ou encore le traitement de données sécurisées, de nombreux jeunes entrepreneures et entrepreneurs ont développé des compétences spécifiques au monde du luxe.

Le phénomène n’est pas récent, mais s’est passablement intensifié ces dernières années : dans les allées de Baselworld, distributeurs, détaillants et journalistes déambules les bras chargés de sacs de boutique, témoins de leur passage sur les différents stands. A l’intérieur, trousses de toilette en cuir, sacs de sport, speakers Bluetooth ou encore linges de plage sont là pour prolonger l’univers des marques horlogères ou souligner leur niveau de standing. Ces cadeaux d’entreprises, pour une partie, sont fournis par la Neuchâteloise Céline Surdez. Sa société IN/EDIT est emblématique de ces nombreuses PME installées dans le canton, qui ont fait des marques de luxe leur clientèle privilégiée. Que cela soit dans le domaine de la formation, de la transmission sécurisée d’informations ou de la communication, ces nouveaux métiers du luxe ont développé des compétences particulières, garantes de prestations sur mesure et de services parfois uniques.


Des cadeaux sur mesure

Le canton de Neuchâtel abrite plus d’une quarantaine de marques horlogères, parmi lesquelles Officine Panerai, Ulysse Nardin, Zenith ou encore Cartier – qui y a également implanté une manufacture joaillière. C’est donc tout naturellement sur ce terrain qu’en 2010, Céline Surdez décide de chercher ses premiers clients. Ancienne de chez Bulgari, elle a alors dans l’idée de constituer une collection d’objets, pour ensuite les proposer comme cadeaux d’entreprise personnalisables. Ici cependant, pas de stylos-billes ni de casquettes. «J’ai commencé avec le cuir, se souvient la femme d’affaires. Puis de fil en aiguille, je me suis retrouvée avec un éventail d’articles très variés au design soigné, dans les arts de vivre, le textile ou encore l’électronique de loisir.»

Employant trois personnes à Neuchâtel, IN/EDIT compte aujourd’hui une centaine de clients dans l’horlogerie, la banque privée et bientôt l’hôtellerie de luxe et la gastronomie – «je suis en train d’ouvrir le Moyen-Orient», glisse la fondatrice. Elle propose des produits clé en main ou entièrement sur mesure, n’hésitant pas à faire appel à des professionnels locaux, comme des graveurs, des designers, des graphistes ou des chocolatiers. «J’adore ce canton à taille humaine, s’enthousiasme-t-elle. J’ai dernièrement rencontré sur une terrasse des créateurs d’habits, avec lesquels j’ai décidé de travailler. J’aimerais également nouer un partenariat avec l’Ecole d’art appliquée de La Chaux-de-Fonds, afin de concrétiser certains projets.»


15'000 personnes formées par an

A l’image de Céline Surdez, Frederik Schreve a lui aussi modelé son offre de manière à répondre aux attentes du monde si particulier du luxe. Active dans la formation, sa société Face2Face propose d’inculquer aux personnels des boutiques du segment premium, les bonnes techniques en matière de vente, de relation clients et de management. «Nous accordons beaucoup d’importance à l’expérience-client, souligne le directeur. La communication de la marque doit se retrouver en boutique. Nous ne travaillons donc quasiment que sur des comportements, avec une vision à moyen et long terme.»

Basée à Hong Kong et Neuchâtel – Frederik Schreve travaille avec un associé, Fabrice Tavel-Besson –, présente à Paris, New York, Milan, Dubaï et bientôt Tokyo, Face2Face forme ainsi quelque 15'000 personnes par année à travers le monde, pour le compte d’une quarantaine de marques. «Nos équipes peuvent couvrir 70 pays et 11 langues, poursuit le directeur. Nous sommes spécialisés dans l’audit (le diagnostic), le coaching (le traitement) et, plus rare, le développement de contenus pédagogiques à destination des cadres (la prévention). Et les besoins sont immenses ! En Chine par exemple, le turnover peut aller jusqu’à 40%. Notre ambition est de devenir le leader mondial de la formation dans le domaine du luxe.»


La différence par la méthode

Dépasser les frontières pour toucher au monde global : c’est aussi ce qui a motivé Inox Communication et conduit à sa profonde mutation. Créée en 1997 – elle vient de fêter ses 20 ans – l’agence a démarré «comme un groupe de rock», rigole Lats Kladny, co-fondateur de la société avec Raphaël Pizzera. Implantée dans le marché local, elle est alors essentiellement active dans la publicité. «Mais on s’est vite rendu compte que pour accéder à la communication des grandes entreprises internationales, il nous fallait adopter des standards internationaux. Nous avons donc développé la méthode IBS – pour Integrated Brand Strategy.»

Inspirée par l’apparition, au début des années 2000, d’un nouveau type d’agences de communication – «entre le graphiste tout seul et une multinationale comme Saachti&Saatchi» – Inox se construit une marche à suivre : «Nous avons placé l’identité de la marque, de l’entreprise ou du client au centre de notre démarche, explique Lats Kladny. En définissant ses valeurs, son éthique et le champ lexical de son univers, nous avons réussi à dépasser le jugement subjectif du simple j’aime – j’aime pas. Avec cette méthode d’analyse, nous nous sommes offert un argumentaire solide, qui a fait de la création d’un logo, non plus un mandat en soi, mais l’expression de cette approche.»

La réponse du marché est immédiate : Inox séduit bientôt les grandes enseignes du luxe horloger. Et même si des PME actives dans les biotech, les fintech, les microtech ou la banque les ont depuis remplacées, ce savoir-faire – associé aujourd’hui au digital et au marketing de contenus (brand content) – est toujours ce qui fait le succès de l’agence.


Un produit révolutionnaire

A l’inverse, la société NiD n’a pas augmenté ses compétences pour viser le secteur du luxe, elle les a simplement «détournées». Spécialisée dans l’identification et le traitement de données sécurisées, l’entreprise – ex-NagraID qui a fait l’objet d’un management buy-out en 2014 – propose depuis 2 ans un produit véritablement révolutionnaire pour les marques premium : NiD Sonar. Cet outil, qui ne nécessite aucune infrastructure particulière, permet de monitorer en temps réel le sell out, c’est-à-dire les ventes à la clientèle finale – par opposition au sell in, qui désigne les ventes de la marque aux détaillants. «Comme le cœur de notre métier, c’est la personnalisation de cartes de crédit, nous sommes connectés au réseau bancaire international, décrit le CEO Frédéric Clauss. L’idée fut donc de créer un nouveau support, une carte de garantie associée à l’objet. Lors de la vente, il suffit donc simplement d’activer cette carte en la passant dans le terminal bancaire classique, et l’information – lieu, date, heure, modèle et prix – remonte directement chez nous. Il ne nous reste plus qu’à la transmettre en toute confidentialité à notre client, selon des modalités préalablement définis – rapports journaliers, mensuels, avec graphiques ou pas.»

La solution, qui remplace le fastidieux inventaire physique ou les QR codes en tout genre, paraît simple mais repose sur l’accès privilégié de NiD au réseau bancaire mondial, ainsi qu’à la culture des produits manufacturés haut de gamme : «Nous visons clairement l’horlogerie, mais également la maroquinerie, la bagagerie et tout article ayant un certain prix et se vendant via des canaux indirects.»

 

Fabrice Eschmann


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