12.10.2017, 13:23  

Mais que deviennent nos bistrots de campagne?

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Dans certains villages, il est devenu très compliqué de boire une bière en soirée.

 12.10.2017, 13:23   Mais que deviennent nos bistrots de campagne?

HOTELLERIE-RESTAURATION Les restaurants ruraux des Montagnes neuchâteloises et des Franches-Montagnes ne boivent pas du petit-lait. Dans ces régions, les débits de boissons deviennent en effet une denrée de plus en plus rare.

«Après la fermeture de l’Hôtel de la Couronne, il est devenu très compliqué de boire une bière en soirée. Il y a bien l’Hôtel de l’Ours, mais il n’ouvre pas très souvent», lâche Claude Gagnebin, administrateur de la commune des Bois.

Ce constat n’est pas propre à ce village jurassien. Les auberges en milieu rural filent du mauvais coton depuis des années, voire des décennies. Des 130 bistrots que comptaient les Ponts-de-Martel en 1806, il...

«Après la fermeture de l’Hôtel de la Couronne, il est devenu très compliqué de boire une bière en soirée. Il y a bien l’Hôtel de l’Ours, mais il n’ouvre pas très souvent», lâche Claude Gagnebin, administrateur de la commune des Bois.

Ce constat n’est pas propre à ce village jurassien. Les auberges en milieu rural filent du mauvais coton depuis des années, voire des décennies. Des 130 bistrots que comptaient les Ponts-de-Martel en 1806, il n’en reste plus que... deux !

Les débits de boissons dans les campagnes des Montagnes neuchâteloises et des Franches-Montagnes deviennent une denrée de plus en plus rare.

Ils ferment définitivement, changent d’affectation ou connaissent une valse des tenanciers. Tour d’horizon.

Logements aux Chasseurs

Le Restaurant de La Croix-Blanche, à La Sagne, est l’un des derniers à avoir mis la clé sous le paillasson. Après avoir été aux fourneaux durant des décennies, Jean-Pierre Tissot, son patron, n’a pas souhaité investir pour mettre sa cuisine aux normes.

Sur le versant nord de la colline, Maurice  Wuthrich, propriétaire et exploitant du Relais des Chasseurs, dans le vallon des Entre-deux-Monts, a  changé son fusil d’épaule. «J’ai baissé le rideau au terme de 27 ans d’activité.» Il n’a toutefois pas rendu son tablier. «J’ai conservé la cuisine pour ouvrir un service traiteur avec ma fille.»

Maurice Wuthrich a aussi mis à profit ces derniers mois pour rénover totalement trois appartements aménagés dans son établissement et en ouvrir un quatrième. Un changement d’affectation gagnant. «Je n’ai pas eu besoin de mettre des annonces pour les louer.»

Ferme fermée

Dans le village voisin des Ponts-de-Martel, l’Hôtel du Cerf, racheté en avril 2014 par une coopérative, est toujours en friche. «Notre ambition est d’en faire une Maison de la tourbière», rappelle Jean-Daniel Rothen, président de la coopérative.

Ce projet devisé à six millions de francs devrait aboutir en 2020. «Nous lançons la collecte de fonds avec beaucoup d’optimisme.» Jean-Daniel Rothen précise que la fondation qu’il préside s’attachera également à mettre en valeur le Marais Rouge, «la deuxième plus grande tourbière de Suisse.»

A l’ouest des Montagnes, sur les hauts du Locle, la Ferme Modèle est fermée depuis plus d’un semestre (définitivement ?) pour cause de maladie de son exploitante.

Un étage plus bas, aux Planchettes, l’Hôtel de la Couronne, qui a connu cinq tenanciers en quatre ans, a rouvert ses portes en novembre 2016. La nouvelle gérante déclare «être assez contente», mais concède «qu’il faut de la patience pour relancer l’affaire». Contraints de jeter l’éponge, ses prédécesseurs avaient repris ensuite La Couronne à Courrendlin. Ils ont joué de malchance. «J’ai été victime d’un  arrêt cardiaque. Nous quitterons le restaurant dans une semaine», signale Marianne Laubscher.

Après les Ch’tis, la Hollande

On perd encore de l’altitude pour arriver sur le Doubs. L’Hôtel-Restaurant de La Rasse, en mains hollandaises depuis le printemps, a rouvert officiellement samedi dernier suite à la débâcle commerciale d’un couple de Ch’tis.

Dans les Franches-Montagnes proches, le bal des tenanciers et les reconversions d’établissements sont tout autant d’actualité que dans les Montagnes neuchâteloises.

L’Hôtel de la Couronne, aux Bois, est à louer ou à vendre depuis un mois. Un cuisinier lui porte de l’intérêt, mais la Société immobilière qui en dispose se veut prudente tant que le bail n’est pas signé. A un jet de pierre du village, le Restaurant du Golf des Bois s’est adjoint il y a quatre mois un Hôtel doté de neuf chambres.

Un  peu plus au nord, au Noirmont, Katia Friche, une frontalière de 41 ans, active en qualité de salariée dans la restauration, était «à l’affût depuis plusieurs années d’un restaurant à reprendre» à son compte. L’opportunité s’est présentée fin 2016 avec le départ du tenancier du  Restaurant du Cerf, au Noirmont, qui exploite, depuis, le Café du Soleil, à Saignelégier.

Nouveles tenancières au restaurant du  Cerf

Katia Friche s’est associée à Laetitia Vallat, frontalière également de 38 ans, pour prendre les rênes du Cerf du Noirmont.

Aux Brenets, sur quelque onze restaurants qui étaient ouverts autrefois, il n’en reste plus que quatre actifs: les Rives du Doubs au bord du lac, le Bellevue au camping, La Place au cœur de la commune, et le Château-Rose, vers le haut du village. Quant au restaurant Le Saut-du Doubs, il est toujours en panne. En vente, il n’a apparemment pas encore trouvé repreneur.

Mais bonne nouvelle à La Chaux-du-Milieu: le Vieux Puits, fermé depuis le printemps 2016, va revivre ! Dès l’été prochain si tout va bien, on pourra de nouveau s’y attabler. Le Conseil général a accepté que le Conseil communal aille de l’avant dans son projet de racheter l’établissement («L’Impartial» du 23 septembre). Ce qui réjouira aussi bien les Chauliers que les nombreux touristes et sportifs de passage, puisque, depuis cette fermeture, le village n’avait plus de restaurant.

Cela dit, ne peignons pas le diable sur la muraille, car un certain nombre, et fort heureusement, marchent du feu de Dieu.


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