13.10.2017, 01:24

Le Lokart explore le 3e âge

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 13.10.2017, 01:24 Le Lokart explore le 3e âge

SPECTACLE «Une fois passée la porte» sera présenté au théâtre du Concert dès la semaine prochaine à Neuchâtel. Rencontre avec deux protagonistes.

De la danse et du théâtre pour raconter des histoires d’identités, d’âge avancé et de mémoire. C’est ce que propose le tout jeune collectif Le Lokart pour sa deuxième production. Mis en scène par Sandro De Feo, «Une fois passée la porte» sera présenté dès la semaine prochaine au théâtre du Concert à Neuchâtel. Un projet à mi-chemin entre...

De la danse et du théâtre pour raconter des histoires d’identités, d’âge avancé et de mémoire. C’est ce que propose le tout jeune collectif Le Lokart pour sa deuxième production. Mis en scène par Sandro De Feo, «Une fois passée la porte» sera présenté dès la semaine prochaine au théâtre du Concert à Neuchâtel. Un projet à mi-chemin entre arts et sciences puisque des recherches ont été menées autour des expériences de vie des aînés. Afin de nourrir le propos artistique, un partenariat avec l’institut de psychologie de l’Université de Neuchâtel a été tissé. Le metteur en scène et Virginia Eufemi, étudiante en psychologie socioculturelle, évoquent les coulisses de cette aventure intergénérationnelle.

Les désirs de la jeunesse étaient au centre de la première production du Lokart. Avec «Une fois passée la porte», vous explorez l’autre extrémité de la vie. Pourquoi ce thème?

Sandro De Feo: Il n’y avait pas de volonté de se dire «on a fait la jeunesse, on va aller dans le diamétralement opposé». C’est venu comme ça. Avec Héloïse Marcacci et Mehdi Berdai (cofondateurs du Lokart et interprètes), on cherchait des thèmes et on est tombés là-dessus. Au début, on parlait davantage de la maladie. Et après est venue la question de la perte de la mémoire. En fait, on n’a jamais voulu utiliser le mot maladie. Il est trop lourd. Ce n’est pas qu’on l’ignore, mais on mentionne cette question autrement.

Comment s’est passé le travail de recherche en amont?

Virginia Eufemi: L’idée, c’était de contacter des personnes directement concernées par ces enjeux. Donc, on a commencé par penser tous ensemble à des questions. Je leur ai fait une proposition de grille d’entretien, qui a également été validée par ma directrice à l’institut de psychologie à Neuchâtel. Et je suis allée assez vite sur le terrain. On s’est intéressés à comment la personne âgée vit au quotidien, quel est son rapport à la mémoire, à ses souvenirs, à son passé. Et comment elle envisage son futur.

Lorsque l’on cherche à évoquer ces réalités parfois difficiles, le risque est de tomber dans la lourdeur.

Sandro De Feo: Je suis un obsédé du rythme. C’est ma troisième mise en scène et je remarque que c’est une constante. Une pièce est plus riche si un moment bien dramatique est suivi d’une séquence qui fait sourire. C’est un truc très basique. Il y a par exemple une scène qu’on est en train de retravailler où on voit vraiment la personne qui ne se rappelle plus de certaines choses. On essaie de contrebalancer cette ambiance avec un moment différent. Et la danse aide à amener des respirations.

Votre spectacle traite notamment de la mémoire. Qu’allez-vous retenir de ce projet?

Sandro De Feo: Ce n’est pas forcément le résultat dont je vais me souvenir. Ce que je retiens, c’est que c’est un des projets les plus intéressants que j’ai mené au niveau de l’humain, parce que j’ai dû collaborer avec des acteurs de quatre-vingts et de vingt-cinq ans. Et cette rencontre entre deux âges, c’était super.

Virginia Eufemi: Par rapport aux entretiens que j’ai menés avec des personnes âgées, j’ai appris que ce qui compte, ce n’est pas de savoir si ces individus ont vraiment vécu ce dont ils parlent de la manière dont ils en parlent. Ce qui est important, c’est ce que la personne retient et comment elle fait sens de ses expériences passées à la lumière de sa vie actuelle.

Et qu’allez-vous oublier ?

Virginia Eufemi: Pourquoi faut-il oublier?

Sandro De Feo: C’est un peu trop dramatique de dire rien. (Rires.) Mais «pourquoi faudrait-il oublier?», c’est une bonne réponse. En tout cas, il ne faut pas oublier de venir voir le spectacle.

INFO +

Neuchâtel théâtre du Concert, 20, 21, 27 et 28 octobre à 20h; 22 et 29 octobre à 17 heur’es.

Un style se dessine

Entre la première création du Lokart qui s’intitulait «Consumons-nous» et cette nouvelle production, un constat: le thème change, mais le langage reste. L’esthétique de la compagnie? Un cocktail interdisciplinaire, mélange entre jeu théâtral et chorégraphies notamment, qui sera porté cette fois par les interprètes Marie-Josée Geyer, Héloïse Marcacci et Mehdi Berdai. «Ces disciplines sont complémentaires», analyse Virginia Eufemi. «Et plus les projets avancent, plus nous nous perfectionnons. C’est quelque chose qu’il ne faut pas abandonner.» Les mouvements permettent de dire ce que les mots ne peuvent évoquer. Et inversement. «C’est un bon mariage», résume la psychologue en devenir.


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