03.10.2017, 11:18

La Chaux-de-Fonds: elle débourse 920 francs pour un sac Louis Vuitton et récolte du vent

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(KEYSTONE/Gaetan Bally)

 03.10.2017, 11:18 La Chaux-de-Fonds: elle débourse 920 francs pour un sac Louis Vuitton et récolte du vent

Arnaque sur internet Une habitante de La Chaux-de-Fonds s'est fait arnaquer de 920 francs en voulant acheter un sac Louis Vuitton sur Anibis. Son argent circule aujourd'hui dans le canton de Vaud, où la justice cantonale s'est saisie de l'affaire.

Neuf cent vingt francs pour un sac à main Louis Vuitton. Pas une occase, mais sans doute du cuir d'animal tout beau, tout propre, même si la justice ne le précise pas. Il paraît qu'à ce prix-là, c'est une affaire. C'est même une si bonne affaire qu'il aurait peut-être fallu s'en méfier. L'apparence est parfois trompeuse.

Et elle a son...

Neuf cent vingt francs pour un sac à main Louis Vuitton. Pas une occase, mais sans doute du cuir d'animal tout beau, tout propre, même si la justice ne le précise pas. Il paraît qu'à ce prix-là, c'est une affaire. C'est même une si bonne affaire qu'il aurait peut-être fallu s'en méfier. L'apparence est parfois trompeuse.

Et elle a son prix. Cette habitante de La Chaux-de-Fonds l'a appris à ses dépens, elle qui a cliqué à fond, sur le site de petites annonces anibis.ch. Son bulletin de versement est bien parti, mais rien n'est revenu en retour... Pas de sac. Par contre, une soudaine envie d'attaquer en justice.

Annonce publiée "hors Europe"

En mars 2017, la dame porte plainte au poste. Le mois suivant, elle semble rester à l'affût des bons coups, puisqu'elle est en mesure d'informer la police que le même auteur vient de remettre le même objet en vente en ligne. Le Ministère public ouvre une enquête pénale pour escroquerie, mais il s'avère que l'adresse IP ("internet protocol") se situe "hors Europe".

L'annonceur ne peut pas être identifié, "ni par le numéro de téléphone, ni par l'adresse électronique utilisés dans le cadre de ses contacts" avec la plaignante, lit-on dans le compte rendu de la justice. En mai, la justice neuchâteloise classe une partie de l'affaire, et la lésée fait recours trop tard. Elle est donc déboutée. 

L'argent se balade dans le canton Vaud

En revanche, le Ministère public transmet le dossier à son homologue vaudois. Car le compte crédité par l'habitante de La Chaux-de-Fonds "aboutit" dans le canton de Vaud. Et ce compte, il "bouge". 

L'examen de la documentation bancaire est édifiant: les 920 francs sont enregistrés sur le compte vaudois le 22 mars, et le même montant en est retiré le jour même.

L'homme a visiblement trouvé sa clientèle, et il est à l'heure: "Chaque crédit sur le compte est en général immédiatement suivi d'un retrait correspondant effectué en liquide à Lausanne, Renens ou Crissier". Sur certaines écritures, les enquêteurs découvrent les mentions "Ricardo", "achat ordinateur", "Microsoft Surface" ou encore "iPad". C'est ce qui s'appelle avoir plus d'un tour dans son sac... 

A la justice vaudoise de trancher

Le Ministère public vaudois s'est donc saisi de l'affaire. Ce qui n'empêche pas la justice neuchâteloise d'émettre quelques observations d'ordre juridique à propos des agissements du Vaudois: "Si (...) le fait de retirer en liquide les fonds transférés par les victimes sur son compte paraît constitutif de blanchiment, il n'en va pas de même du fait d'avoir mis à disposition son compte bancaire pour recevoir les produits directs de l'infraction."

"En effet, l'escroquerie étant consommée au moment où la dupe accomplit un acte préjudiciable à ses intérêts, la mise à disposition d'un compte bancaire à cet effet est une contribution essentielle qui relève de la coaction, voire de la complicité, mais en aucun cas du blanchiment."

"Toujours dans l'hypothèse de la réalisation d'une escroquerie et s'il devait s'avérer que (l'homme) n'a pas agi seul, le Ministère public vaudois serait également compétent pour poursuivre les autres personnes impliquées dans ce mécanisme."

Pour ne pas se faire avoir

Nous avons joint la permanence téléphonique de la Fédération romande des consommateurs pour exposer le cas. Conseillère à la FRC, Rosa Gözcan précise que son rôle n'est pas de résoudre les conflits, mais de donner des "conseils avisés". Et ça tombe bien!

"Il est important de lire les avis que les acheteurs ont du vendeur. Et de bien regarder les photos du produit", commence notre interlocutrice. 

"Un sac Louis Vuitton? Pour 920 francs? Je commencerai par vous dire qu'il ne faut pas faire ce genre d'achat sur internet... Surtout pour un tel produit à ce prix-là..." Avant d'ajouter, sans connaître le profil de la Chaux-de-Fonnière lésée: "Beaucoup de personnes âgées se font avoir en ligne ou avec le démarchage téléphonique."

"Les sites du genre d'Anibis permettent justement de faire des affaires dans la région. Il ne faut pas payer par bulletin de versement... Personnellement, je vais toujours sur place pour toucher la marchandise."


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