12.10.2017, 17:30  

L'agression de Delémont en 5 questions

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Selon le Quotidien jurassien, les fauteurs de troubles viendraient «de la région delémontaine».

 12.10.2017, 17:30   L'agression de Delémont en 5 questions

Fait divers La vidéo d’une agression à la gare de Delémont, mardi 10 octobre, provoque des réactions en chaîne. Notre décryptage.

Que s’est-il passé?

La vidéo s’est propagée sur les réseaux sociaux comme une traînée de poudre. On y voit un adolescent aller prendre son train, en gare de Delémont, mardi 10 octobre. Un groupe s’approche de lui et un homme à la peau noire l’attrape par le cou, l’intimide puis le jette à terre. Les autres observent et rigolent. L’adolescent tente de se redresser, mais est poussé une nouvelle fois au sol avant de...

Que s’est-il passé?

La vidéo s’est propagée sur les réseaux sociaux comme une traînée de poudre. On y voit un adolescent aller prendre son train, en gare de Delémont, mardi 10 octobre. Un groupe s’approche de lui et un homme à la peau noire l’attrape par le cou, l’intimide puis le jette à terre. Les autres observent et rigolent. L’adolescent tente de se redresser, mais est poussé une nouvelle fois au sol avant de prendre la fuite, seul. 

Rien dans le contexte ne permet de comprendre l’agression ni de connaître les protagonistes. Selon le Quotidien jurassien, la victime serait un jeune Ajoulot. Les fauteurs de troubles viendraient «de la région delémontaine». Interrogée par nos confrères, la mère de la victime explique qu’«une photo humoristique, partagée ces dernières semaines par son fils, sur la chevelure d’un Noir serait à l’origine de l’agression». Elle a déclaré qu’elle porterait plainte.

Qui a publié la vidéo?

Les images, filmées par un des membres de la bande, sont d’abord postées sur les réseaux sociaux par les auteurs eux-mêmes, avant d’être reprises par la mère de la victime. «Voilà ce qui est arrivé à mon fils de 17 ans ce soir vers 18h en gare de Delémont… On est pas en banlieue de Paris, juste à la gare d’une petite ville», écrit-elle sur Facebook. Elle appelle les autres internautes à partager la vidéo en masse "avant que n’arrive un véritable drame et qu’il soit trop tard", en visant "une bande d'une quinzaine de réfugiés" qui veut "semer la terreur". 

Rapidement,  la publication créée le buzz, avec plus de 2000 partages en quelques heures à peine. Des milliers de commentaires fusent, principalement dirigés envers l’origine présumée de l’agresseur.

Qu’a fait la police?

Face à des «menaces de représailles, des appels à la haine et des injures» qui «n’ont cessé d’être proférées sur les réseaux sociaux», le Ministère public décide de réagir en publiant un communiqué mercredi matin. Il y rappelle que «de tels agissements sont représentatifs d’infractions pénales poursuivies d’office et condamnés par des peines privatives de liberté pouvant aller jusqu’à trois ans».

Il appelle donc à cesser toute diffusion de la vidéo, précisant qu’en présence de nouveaux commentaires du genre, il «entamera les poursuites pénales nécessaires à faire cesser ces agissements».

Pourquoi la vidéo est-elle toujours visible?

La mère de la victime et les auteurs ont retiré leur publication, mais il est toujours possible de visionner la vidéo. Depuis mercredi, elle a en effet été reprise par de nombreux sites de mouvance d’extrême droite, sur lesquels les commentaires haineux reprennent de plus belle.

Une colère encore alimentée par la réaction du Ministère public qui, selon plusieurs internautes, se concentre sur les auteurs des commentaires plutôt que sur ceux de l’agression.

Quelle suite?

L’injonction de la justice n’est donc pas respectée. Mais progressivement, les commentaires hostiles ne visent plus les auteurs de l’agression, mais la police et les médias, jugés partials. «Chez nous ce sont les auteurs de réactions outrées, qu’autorités et journalistes, lynchent. Cherchez l’erreur…», juge un internaute. Une chronique de Gaël Klein a particulièrement fait réagir. Le journaliste de la RTS y déclare que les commentaires ont «démontré, à en vomir, les propos que le genre humain est capable de générer contre l’étranger en général, et le réfugié en particulier».

En guise de réponse, un internaute propose que «tout le monde» aille sur la page Facebook du journaliste et «lui fasse quelques remarques (sans insultes ou menaces) sur ses propos totalement délirants et inconscients.»

Pour leur part, le Ministère public et la police se refusent, comme annoncé mercredi, à toute nouvelle information.


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